ACTUALITESPolitique

Mais qu’est-ce qui donc fait courir le président Macky Sall?

Mais qu’est-ce qui donc fait courir le président Macky Sall?

Il avait tout pour se faciliter son début de quinquennat et il se le complique tout seul par des contingences sorties de sa seule imagination.

Pas sûr toutefois qu’il puisse colmater les brèches sans dégât pour lui, comme par le passé.

Et pendant ce temps, les priorités attendent . . .

La réflexion est signée Abdoulaye Cissé.

Il n’y a qu’à voir : il n’y a même pas eu de fastes cette fois-ci pour la plupart des passations de services entre ministres sortant et les nouveaux entrants. Et pourtant, tout laissait penser qu’on aurait eu droit à ces tintamarres aux allures de meeting politiques organisés dans les salles de conférences des différents ministères. Tout, puisque le contexte de l’euphorie de la victoire à la présidentielle et la promotion des nouveaux comme les têtes à couronner, s’y prêtait bien entendu.

Mais comment avoir l’esprit à la fête, au triomphe, au sacre d’être nommé ministre quand on se sait « intérimaire ».

Le président Macky Sall ne le sait peut-être pas . . . Afin si, il le sait mais il n’a peut-être pas fait exprès de doucher l’enthousiasme de sa nouvelle team gouvernementale quand il fait annoncer en même temps que la formation de l’équipe que le brassard va être enlever au capitaine.

Le plus à plaindre dans l’affaire est le chef d’orchestre le 1er ministre Boun Abdallah Dionne. Boire le calice jusqu’à la lie, obligé qu’il est, et ca se voit que ca ne lui fait pas plaisir de venir nous expliquer lui-même que son poste ne sert à rien. Il faut vraiment être ce futur ex premier ministre pour le faire. Evidemment que personne n’a gobé cette histoire. On va tout de même pas être plus royaliste que le roi. Si Boun Dionne estime qu’il ne sert à rien lui-même, ca c’est lui au poste de premier ministre. Mais le poste en tant que tel, sert bien à quelques choses. A beaucoup d’ailleurs et qu’il en soit ainsi.

Si le président Macky Sall est encore dans le jeu, c’est bien dommage. Il a raté l’occasion d’être cette fois-ci dans le vrai, dans le quotidien de son peuple qui lui a tout donné, sans réserve. Mais là, c’est abusé. Un dribleur solitaire n’a jamais fait gagner son équipe. Et là, le président Macky Sall déroute, jusque dans son propre camp. Il devrait relire la mythologie grecque et la tragédie d’Icare.La roublardise et la duperie ne doivent pas être érigées en règle et modèle de gestion des affaires publiques. Le jeune leader du mouvement Agir, Thierno Bocoum dit quelques choses de très juste. C’est plutôt un implacable constat et c’est terrifiant quand, je le cite : « les entourloupes et autres procédures vicieuses sont le plus souvent élevées par l’opinion au rang de performance politique », fin de citation.

Comprendre par là qu’en l’espèce si le président de la république arrive à rouler tout le monde dans la farine sans même respecter les règles du jeu, ce sera par la faute de ceux qui n’ont pas pu l’arrêter. Drôle de sentence quand même, à la sénégalaise.

On ne l’arrête plus, Macky Sall. Et, ce n’est certainement pas maintenant qu’il s’est mis en mode fast track qu’on va le rattraper.

Mais ici, la seule chose qui est « fast », c’est la vitesse avec laquelle la réforme pour la suppression du poste de chef de gouvernement va être consolidée. Juste quelques semaines.

En même temps pour supprimer quelques choses qui ne sert à rien, c’est déjà beaucoup trop de temps perdu.

Et pendant ce temps, ministre cherche feuille de route et les vraies priorités sont ajournées. Dans l’équipe, certainement que chaque ministre retient son souffle et espère ne pas être emporter par la réforme à venir, portant suppression du portefeuille de 1er ministre.

Attention aux symboles pour donner l’air de travailler: la somme des initiatives individuelles ne fera jamais un plan directeur d’urbanisme ou de l’hygiène publique.

Que chacun fasse le « clean challenger » à sa porte ne suffira jamais à rendre, et surtout à maintenir, Dakar propre. J’ai envie d’y croire par exemple au ministère de l’urbanisme, du logement et de l’hygiène publique.

Trois choses qui nous obsède tous !

Le titulaire au poste doit se donner autant pour le peuple qu’il se serait dévoué à son seigneur si on lui annonçait que sa fin était imminente, écrite, et validée en haut lieu.

Dieu sait si le président aurait pu avoir un début de mandat sans tous les débats qu’ils nous imposent et qui polluent déjà l’ambiance de travail.

On avait pourtant pensé que l’accord des 58% de sénégalais, c’était pour dire « au boulot, tout de suite ! ».

Apparemment, ce n’est pas ce que le président en a compris.

Articles similaires

Leave a Reply

Fermer